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TVA travaux : 10 % ou 5,5 % ? Le guide complet 2026

Julien Dubois Julien Dubois
Mis à jour le 19/04/2026 10 min de lecture

Vous vous apprêtez à lancer des travaux et le devis mentionne plusieurs lignes avec des taux de TVA différents ? Normal : dans le bâtiment, trois taux coexistent — 20 %, 10 % et 5,5 % — et choisir le bon n’est pas toujours évident. Erreur de taux = redressement fiscal pour l’artisan + mauvaise surprise pour le client. Ce guide détaille les critères exacts 2026 pour chaque taux, le rôle de l’attestation 1301-SD signée par le client, un tableau par nature de travaux et cinq cas concrets pour trancher les situations limites.

Les trois taux applicables dans le bâtiment

Taux Nature des travaux Base légale
20 % Construction neuve, agrandissement de + 10 %, travaux sur locaux professionnels, ravalement simple Art. 278 CGI
10 % Travaux d’amélioration, transformation, aménagement, entretien sur logement > 2 ans Art. 279-0 bis CGI
5,5 % Travaux de rénovation énergétique, adaptation handicap, logements sociaux Art. 278-0 bis CGI

La distinction se joue sur plusieurs critères cumulatifs : nature du bâtiment (logement ou non), âge (>2 ans ou non), nature des travaux (amélioration simple ou rénovation énergétique), caractéristiques du client. Il suffit qu’un critère ne soit pas rempli pour repasser au taux supérieur.

Le taux à 10 % — travaux sur logement > 2 ans

Les conditions cumulatives

Pour bénéficier du taux intermédiaire de 10 %, l’ensemble des conditions suivantes doit être réuni (art. 279-0 bis CGI) :

  1. Le local est un logement (maison, appartement, y compris logement meublé à usage d’habitation).
  2. Le logement est achevé depuis plus de 2 ans à la date du démarrage des travaux.
  3. Les travaux sont d’amélioration, de transformation, d’aménagement ou d’entretien.
  4. Les travaux ne conduisent pas à une construction neuve (surface habitable augmentée de plus de 10 %, ou remise à neuf > 50 % de la structure).
  5. Le client signe l’attestation 1301-SD (ou 1301-SD-bis pour les petits travaux < 300 € TTC).

Travaux qui bénéficient du 10 %

Travaux qui restent à 20 % malgré l’apparence

Le taux à 5,5 % — rénovation énergétique et adaptation

Le taux super-réduit de 5,5 % a été créé pour encourager la transition énergétique et l’accessibilité. Il s’applique à une liste limitative de travaux, avec des critères techniques précis.

Travaux de rénovation énergétique (art. 278-0 bis A CGI)

Conditions supplémentaires :

Travaux pour personnes handicapées (art. 278-0 bis C CGI)

Travaux sur logements sociaux et HLM

Le taux 5,5 % s’applique également :

Le taux à 20 % — construction neuve et gros œuvre

Le taux normal de 20 % s’applique automatiquement à :

La règle des 2 ans, précisée

Le logement doit être achevé depuis plus de 2 ans à la date du démarrage des travaux. L’achèvement se mesure à la date de la déclaration d’achèvement (DAACT) ou, à défaut, à la date à laquelle le logement est habitable (eau, électricité, sanitaires en état de fonctionnement).

Exemple : une maison achevée le 15 mars 2024. Le client fait une demande de devis en décembre 2025. Les travaux démarrent le 10 avril 2026. Le logement a alors 2 ans et 26 jours → les travaux peuvent bénéficier du 10 % ou du 5,5 % selon leur nature.

L’attestation 1301-SD — document obligatoire du client

Pour tout chantier bénéficiant du 10 % ou du 5,5 %, le client doit remettre à l’entreprise une attestation signée. C’est la responsabilité de l’entreprise de s’assurer qu’elle est en sa possession avant facturation.

Deux modèles distincts

Formulaire Usage
Cerfa 1301-SD Travaux > 300 € TTC — attestation « normale »
Cerfa 1301-SD-bis Travaux ≤ 300 € TTC — attestation « simplifiée »

Ces formulaires sont téléchargeables sur impots.gouv.fr. Le client y certifie :

Durée de conservation

L’artisan doit conserver l’attestation 6 ans (durée du droit de reprise de l’administration fiscale selon l’art. L. 102 B du LPF). En cas de contrôle, son absence fait requalifier les travaux au taux de 20 % avec rappel de TVA et pénalités. C’est la première cause de redressement en secteur du bâtiment.

Tableau récapitulatif par nature de travaux

Travaux Logement > 2 ans Taux applicable
Construction neuve maison individuelle 20 %
Extension > 10 % de surface habitable 20 %
Pose de nouvelles fenêtres simple vitrage ancien Oui 10 %
Pose de fenêtres double/triple vitrage RGE Oui 5,5 %
Isolation combles par l’intérieur (RGE) Oui 5,5 %
Peinture intérieure Oui 10 %
Cuisine équipée : meubles fixés Oui 10 %
Cuisine équipée : mobilier mobile Oui 20 %
Chaudière à condensation gaz RGE Oui 5,5 %
Chaudière classique gaz Oui 10 %
Pompe à chaleur air/eau RGE Oui 5,5 %
Pompe à chaleur air/air Oui 10 %
Ravalement de façade avec ITE Oui 5,5 %
Ravalement de façade sans isolation Oui 20 %
Installation électrique complète Oui 10 %
Réfection totale de toiture Oui 10 %
Réfection de toiture avec isolation RGE Oui 5,5 %
Panneaux photovoltaïques ≤ 3 kWc Oui 10 %
Panneaux solaires thermiques Oui 5,5 %
Aménagement douche italienne PMR Oui 5,5 %
Pose alarme / vidéosurveillance Oui 20 %
Travaux de jardin, élagage Oui 20 %
Entretien annuel chaudière Oui 10 %
Calculer la TVA sur un devis →

Cinq cas concrets qui piègent les artisans

Cas 1 — Rénovation salle de bain + WC adaptés handicap

Une partie à 10 % (réfection standard) + une partie à 5,5 % (aménagements PMR : barres d’appui, douche à l’italienne avec siphon sol, WC rehaussé). Ventilation obligatoire sur la facture entre les deux taux. Interdit de « tout passer à 5,5 % » pour faire une ristourne — le risque est intégral pour l’artisan.

Cas 2 — Pose de fenêtres avec triple vitrage PVC

Si le produit respecte Uw ≤ 1,3 W/m²·K (norme RGE 2026 fenêtres) et que l’artisan est qualifié RGE : 5,5 %. Sinon : 10 %. Le coefficient Uw doit figurer sur la facture et le bordereau produit.

Cas 3 — Cuisine équipée : meubles hauts fixés au mur

Les éléments fixés définitivement (vissés au mur, en liaison avec plomberie/évacuation) sont au 10 %. Les éléments mobiles (tables, chaises, électroménager posé) sont au 20 %. Ventilation sur facture : cuisine fixée = 10 %, électroménager livré = 20 %.

Cas 4 — Extension de 12 m² sur une maison de 100 m²

12/100 = 12 %, au-delà du seuil de 10 %. Les travaux d’extension passent au taux 20 % (construction neuve assimilée), ainsi que les travaux de raccordement à l’existant directement liés. Les travaux sur l’existant (non touché par l’extension) peuvent conserver le 10 %.

Cas 5 — Airbnb : logement loué en meublé de tourisme

Le logement est bien un « logement » au sens fiscal s’il est à usage d’habitation, même en location saisonnière. Travaux > 2 ans éligibles au 10 % / 5,5 %. Attention : si l’activité est déclarée en LMNP/LMP avec exercice d’une activité para-hôtelière (petit-déjeuner + ménage + réception + linge), il peut y avoir requalification en hébergement hôtelier. Dans ce cas seulement : 20 %.

FAQ — TVA travaux bâtiment

Quel est le taux de TVA pour des travaux de rénovation en 2026 ?

10 % pour les travaux d’amélioration / entretien sur logement > 2 ans ; 5,5 % pour la rénovation énergétique et l’adaptation handicap ; 20 % pour la construction neuve, l’extension > 10 %, ou les locaux professionnels.

Comment bénéficier du taux de 5,5 % ?

Trois conditions cumulatives : travaux de rénovation énergétique listés à l’art. 278-0 bis A CGI, logement > 2 ans, artisan qualifié RGE, et matériels respectant les critères de performance RT-2026 / RE-2020 selon le cas.

Que faire si l’attestation 1301-SD n’est pas signée ?

La facture doit être émise au 20 % par défaut. Une régularisation ultérieure est possible (facture rectificative) si l’attestation est obtenue dans les 6 mois. Au-delà, la facture ne peut pas être rectifiée.

Le 5,5 % s’applique-t-il aux panneaux photovoltaïques ?

Non, pour une installation ≤ 3 kWc : 10 %. Pour une installation > 3 kWc : 20 %. Seuls les panneaux solaires thermiques (production d’eau chaude sanitaire) bénéficient du 5,5 %. Les panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité, pas directement de la chaleur — règle différente.

Et pour un Airbnb ?

Logement en location saisonnière : éligible au 10 % / 5,5 % tant qu’il reste un logement. Bascule au 20 % si l’activité devient para-hôtelière (services hôteliers assurés, 3 sur 4 : petit-déjeuner, ménage quotidien, accueil, linge).

Que risque l’artisan en cas d’erreur de taux ?

Rappel de TVA (différence entre taux facturé et taux réel × base HT), intérêts de retard (0,20 %/mois, art. 1727 CGI), et majoration de 40 % si manquement délibéré (art. 1729 CGI). Sur un chantier de 30 000 € HT facturé à 5,5 % au lieu de 20 %, le rappel pur est de 4 350 € plus pénalités. Attestation obligatoire.

Qui est responsable en cas de mauvaise attestation ?

L’artisan est le redevable de la TVA. Si le client fournit une attestation fausse (ex : logement < 2 ans annoncé comme > 2 ans), l’artisan peut se retourner contre lui civilement, mais c’est lui qui doit payer le rappel à l’administration. Vérifiez les informations clés (DAACT, acte notarié d’achat récent).

Un auto-entrepreneur artisan en franchise peut-il appliquer le 10 % ou 5,5 % ?

Non, puisqu’il ne facture aucune TVA du tout (il est en franchise en base). Il émet des factures sans TVA avec la mention « TVA non applicable – art. 293 B du CGI ». Ses clients particuliers ne peuvent donc pas bénéficier du 10 % ou 5,5 %, mais ils paient aussi 0 % de TVA sur la prestation — ce qui revient moins cher. Voir notre guide TVA auto-entrepreneur.

Sources officielles


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